Cécile Lefebvre Cubizolles

Raconte nous ton parcours professionnel et comment tu es devenue freelance ?

J’ai commencé à travailler pendant la fin de mes études dans une agence lyonnaise dans laquelle je suis restée 10 ans. 

C’était une agence de taille moyenne mais qui intervenait sur des domaines d’activité très variés, en architecture, en urbanisme et en ouvrage d’art. 

Cette expérience m’a donné l’opportunité d’aborder des sujets très différents notamment en urbanisme et en aménagement d’espace public. J’ai ainsi collaboré à de nombreuses études d’urbanisme (extension de centre bourg, requalification de grands ensembles) et à des chantiers d’espace public (aménagement de place)… 

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C’est une expérience qui a été très enrichissante, mais je ne travaillais que pour des maîtres d’ouvrages publics, c’est à dire absolument pas en lien direct avec les futurs usagers et souvent sur des études pré-opérationnelles qui me donnait l’impression de ne pas être très utile et finalement assez peu sur des projets de logement alors que c’est ce qui était à l’origine de mon envie de devenir architecte. 

J’ai toujours été très sensible à la qualité des lieux dans lesquels nous vivons et à la meilleure manière de les aménager, de les rendre chaleureux et personnels.

J’ai profité d’un changement dans ma vie personnelle pour prendre du recul et repenser mon projet professionnel, c’est à ce moment là que l’idée de devenir freelance s’est imposée à moi.


Comment as-tu su que tu voulais être à ton compte ?

Je sortais d’une expérience professionnelle riche mais très rigide dans l’organisation du travail, avec une structure très verticale et finalement peu d’opportunité de varier ma pratique. J’avais l’impression de toujours travailler sur les mêmes sujets, je ne me retrouvais plus dans la vie d’agence.

J’étais aussi à la recherche d’une organisation plus souple pour concilier ma vie professionnelle et ma vie de famille. Je voulais aussi avoir plus de liberté dans le choix des projets. 
Petit à petit, le choix de travailler à mon compte s’est imposé même si ce n’était pas forcément une évidence quand j’ai quitté mon précédent poste.


As-tu hésité avant de te mettre à ton compte ? As-tu eu des appréhensions ?

Non je n’ai pas eu vraiment d’hésitation, j’avais quitté mon précédent poste qui ne me convenait plus sans aucune hésitation, et sans vraiment savoir ce que j’allais faire par la suite. J’avais besoin de prendre du recul, de faire le point sur ma pratique professionnelle, sur ce que j’attendais de mon travail et sur mes motivations .

J’ai pris du temps pour m’occuper de ma famille et petit à petit l’idée de me mettre à mon compte a émergée.
C’est un projet qui avait eu le temps de faire son chemin, et qui m’est apparu comme une évidence.


Comment as-tu créé ton réseau professionnel ?

En créant « Atelier sur les toits » je voulais travailler sur le logement en intervenant auprès des particuliers sur des projets de rénovation, à l’opposé de ce que je faisais quand je travaillais en agence… Il a fallu que je reconstruise entièrement mon réseau professionnel. J’ai profité du chantier de rénovation de notre appartement pour rencontrer de nouvelles entreprises, travailler avec eux et finalement me constituer une équipe de maitrise d’oeuvre en qui j’ai confiance.


Comment démarches-tu tes clients ?

C’est une grande question, ce n’est sans doute pas la partie où je suis le plus à l’aise…
J’ai obtenue mes premières affaires par bouche à oreille. C’est une bonne méthode mais c’est un peu long. Aujourd’hui je cherche à développer mon activité me construisant un réseau parmi les professionnels qui interviennent sur le marché de l’immobilier afin de rencontrer mes futurs clients au début de leur projet.
Je travaille aussi à développer ma présence sur les réseaux sociaux, au travers d’Instagram ou de site spécialisé en architecture et en décoration.


À quoi ressemble ton quotidien d’architecte freelance ?

C’est très variable d’une semaine à l’autre et c’est une des choses que je préfère dans le fait de travailler à mon compte.
J’ai l’impression de ne jamais être dans une routine, mon emploi du temps évolue en fonction de la taille de mes projets et de la phase dans laquelle je suis. C’est plus calme quand je suis en période de conception et plus intense quand je suis en phase de chantier. J’apprécie cette liberté et cette souplesse de pouvoir garder du temps pour me rendre à des conférences ou des salons et pour m’occuper de ma famille, même si parfois ma journée de travail se décale en soirée.


Quels conseils donnerais-tu à de jeunes architectes qui aimeraient se mettre à leur compte ?

Le plus important c’est de savoir être à l’écoute, afin de comprendre les besoins et les attentes de nos clients même celles qui ne sont pas formulées directement. Il ne faut pas laisser la place  à des non-dits ou à des malentendus pour ne pas avoir de mauvaises surprises au cours du projet ou encore pire lors du chantier.
Je pense qu’il est aussi important de ne pas s’isoler, c’est toujours très enrichissant de pouvoir échanger sur son travail, d’assister à des conférences, de découvrir de nouveaux produits pour enrichir notre pratique quotidienne.


De quels projets 2018 es-tu la plus fière ?

Il y a deux projets dont je suis particulièrement fière. 
Le premier c’est la conception d’un meuble multifonctions pour un appartement. L’objectif était de créer un meuble qui marquerait une limite légère entre le séjour et l’entrée à la place d’une ancienne cloison, et qui servirait de meuble à chaussures, de petit bureau et de bibliothèque.

Je l’ai conçu comme un paravent à deux face : 

  • une coté entrée accueillant des rangements et un petit banc 

  • et l’autre coté séjour pour le bureau et la bibliothèque.

Cet aménagement a été complété par une mise couleur des murs adjacents pour recréer un espace d’entrée. 

Le second c’est la rénovation de notre pièce de vie, les travaux que nous réalisons dans notre appartement sont aussi une opportunité pour essayer de nouvelle pratique. Pour la première fois, j’ai repensé l’aménagement d’une cuisine à partir de meubles de métiers chinés dont un ancien meuble de photographe reconverti en évier et un buffet double face qui est devenu notre îlot central. C’est un premier pas vers l’utilisation de matériaux de réemploi, une thématique qui émerge avec les enjeux du développement durable et que je trouve passionnante.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ? 

De continuer à faire évoluer mon agence, j’aimerais proposer des missions de conseils en aménagement intérieur pour permettre à des personnes ne pouvant ou ne voulant pas faire de gros travaux de tirer le meilleur parti de leur logement en les aidant à investir au mieux leur espace.

J’aimerais aussi continuer à travailler sur le réemploi de matériaux, en continuant à intégrer du mobilier chiner à mes projets et en allant plus loin en utilisant des matériaux de seconde main.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur et sur lequel je suis engagée à titre personnel, j’aimerais maintenant l’intégrer plus fortement à ma pratique.


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